Bien porter les espadrilles en ville

L’espadrille reste une valeur sûre dès les beaux jours. Légère, souple dès les premières minutes de marche, elle s’est longtemps cantonnée aux plages et aux terrasses de bord de mer. Ce n’est plus le cas : plate, à plateforme ou compensée, on la retrouve aujourd’hui sur les trottoirs, à vélo comme en trottinette, aussi bien pour courir au bureau que pour un week end entre amis. Une seule paire, plusieurs vies : plage, ville, sorties du soir, elle s’adapte sans forcer.

Une chaussure pensée pour durer toute la journée

Les premières espadrilles faisaient partie du costume traditionnel basque, portées pour danser la sardane, cette ronde où l’on se tient par la main. Rapidement, vacanciers et habitants du Sud Ouest les ont adoptées au quotidien : direction le marché, une balade en fin d’après midi, un déjeuner en terrasse. Ce qui a fait leur succès n’a pas changé depuis : la semelle en corde tressée épouse le pied sans le comprimer, un vrai plus quand on enchaîne plusieurs kilomètres de pavés ou une randonnée côtière sans trop forcer sur la cheville. C’est ce confort là, simple et immédiat, qui explique pourquoi elle reste la chaussure de vacances par excellence, même loin du sable.

Bien plus qu’une chaussure de vacances

Pendant longtemps, on a collé à l’espadrille une image un peu datée : celle du touriste en vacances, tongs dans un sac et chapeau de paille sur la tête. Les collections récentes ont largement dépassé ce cliché. Coupes resserrées, semelles compensées, couleurs franches ou imprimés graphiques : les fabricants ont multiplié les déclinaisons, si bien qu’on trouve désormais aussi bien des modèles taillés pour la plage que des paires clairement pensées pour la rue. Les maisons de luxe s’y sont mises aussi, avec des finitions qu’on ne voyait pas il y a dix ans : paillettes, broderies fines, perforations, drapés, strass ou nœuds décoratifs cohabitent maintenant avec les modèles bruts des artisans basques, sans que l’un fasse de l’ombre à l’autre.

Ce qui change entre une paire de plage et une paire de ville

Les modèles « destroy », toile délavée et corde apparente, restent parfaits pour le jardin ou un weekend de camping, mais leur allure trop brute jure en ville : ni pour flâner sur le port, ni pour un verre en terrasse. C’est précisément là que l’espadrille de ville prend tout son sens. Parmi les modèles qui reviennent le plus souvent dans nos essais, on retrouve les rayures marines, les semelles à motifs travaillés, les imprimés léopard, les cordelettes qui se nouent à la cheville, ou encore les toiles dorées pour les soirées. On est loin du modèle brut du Pays basque : la finition se rapproche davantage du haut de gamme, avec des matières et des coutures plus soignées. Résultat, ces espadrilles se portent comme n’importe quelle sandale ou sneaker du quotidien : avec une robe légère, un jean boyfriend, un short, une combinaison ou une salopette, elles s’intègrent sans effort à un look décontracté. Un conseil qu’on donne souvent : misez sur une semelle plate ou légèrement compensée plutôt que sur une plateforme haute si vous comptez marcher plus d’une heure d’affilée, le confort tient nettement mieux la distance.